Technique de
collecte de données |
Caractéristiques |
Avantages |
Limites |
Entretiens non structurés
(style conversation) |
Les questions se présentent dans le contexte immédiat et sont posées naturellement ; il n’y a pas de définition au préalable des questions ou de la formulation des questions. |
Rendent les questions plus pertinentes ; les questions correspondent aux individus et aux circonstances. Permettent d’explorer des nouveaux thèmes. |
Des informations différentes sont collectées auprès des différentes personnes à l’aide des questions différentes. Moins systématiques et complètes. L’organisation et l’analyse des données peuvent être difficiles. |
Entretiens semi-structurés
(avec guide d’entretien) |
Les thèmes couverts sont spécifiés à l’avance mais l’investigateur décide de la séquence et de la formulation des questions pendant l’entretien. |
Plus systématiques et complètes mais les entretiens restent encore du style conversation. |
Des thèmes importants peuvent être omis par inadvertance. La souplesse de la séquence et de la formulation des questions engendre des réponses différentes à partir des perspectives différentes, diminuant ainsi le caractère comparable. |
Entretiens ouverts standardisés |
La formulation et la séquence exacte des questions sont déterminées à l’avance. Les questions sont formulées de sorte que les réponses soient entièrement ouvertes. |
Permettent de mieux comparer les réponses ; données complètes pour chaque participant; facilitent l’organisation et l’analyse des données. Appropriés lorsque le thème de l’étude est relativement bien connu. |
Peu de souplesse pour mettre en relation l’entretien avec les individus et les circonstances ; la formulation standard des questions limite le caractère naturel et la pertinence des questions et des réponses. |
Listes libres |
Demandent aux participants de nommer tous les éléments d’un domaine défini par le participant. |
Première étape utile à toute recherche cherchant à définir de nouveaux domaines. Permettent de vérifier la pertinence de nouveaux concepts. |
Difficultés possibles pour trouver de termes génériques permettant de démarrer le processus de la liste. Parfois, il n’existe pas assez d’éléments dans les listes. |
Triage de piles |
Les participants doivent trier des cartes ou autres éléments en fonction de leurs différences et analogies. |
Permet de découvrir les relations entre les éléments d’un domaine. Peut être réalisé en utilisant un nombre important d’éléments et est facile à administrer. |
A moins que les éléments ne soient des images ou autres objets affectifs, les triages de piles ne peuvent pas s’effectuer avec des participants non alphabétisés. De plus ne convient pas pour l’exploration de tous les domaines car tous n’ont pas une structure taxonomique sous jacente. |
Triade |
Les participants doivent choisir, pour chaque ensemble de trois éléments, celui qui est le plus différent. |
Comme pour les triages de piles, la méthode permet de découvrir des relations entre les éléments d’un domaine. Facile à administrer, peut être utilisé avec des personnes ne sachant pas lire. |
N’est pas pratique pour des comparaisons entre un nombre important d’éléments. |
Echelle de notation |
Les participants doivent noter les éléments un par un en fonction d’une échelle déterminée à l’avance pouvant être graphique ou numérique. |
Les échelles peuvent être créées pour n’importe quel nombre de concepts ou de caractéristiques. Elles sont faciles à administrer. |
Demande des participants alphabétisés ou des éléments visuels. Sensibles aux biais des réponses. |
Méthode de classification |
Les participants doivent classer deux éléments ou plus en fonction d’une caractéristique spécifique. |
Très productives pour le temps nécessaire à sa réalisation. Bonnes méthodes pour étudier les différences individuelles. Les comparaisons en paires sont particulièrement faciles à administrer et peuvent être utilisées par un public ne sachant pas lire. |
En cas d’éléments nombreux, peuvent être particulièrement ennuyeuses pour les non-alphabétisés. |
Focus Groups |
Techniques d’entretien de groupe semi-structuré qui repose sur la discussion entre participants. |
Peuvent fournir rapidement une grande quantité d’informations. Méthodes utiles pour identifier et explorer les croyances, les attitudes et les comportements et pour identifier des questions pertinentes pour des entretiens individuels. |
N’apporte pas d’informations sur la fréquence ou la distribution des croyances ou des comportements. Sont difficiles à réaliser, demandent des modérateurs compétant. Les participants peuvent s’influencer mutuellement et, par conséquent il faut faire attention en analysant les résultats. |
Techniques d’entretien de groupe
(non focus groups) |
Technique d’entretien plus formelle qui tend à utiliser des groupes naturels préexistants. Parfois, on demande aux membres du groupe de travailler ensemble pour faire une tâche, par exemple une carte communautaire. Le but est d’engager activement la communauté à l’identification et à l’étude des thèmes. |
Permettent de créer le rapport, d’identifier et d’explorer les problèmes et priorités communautaires, de sensibiliser aux problèmes locaux, de faire participer les gens à l’identification des solutions possibles. Amusantes et intéressante pour les participants. |
Moins systématiques que les discussions ciblées, par conséquents, les comparaisons entre les groupes sont plus difficiles et demandent une préparation mais peuvent se réaliser avec des modérateurs moins qualifiés. La reconnaissance des problèmes peut mener à des attentes plus élevées. Les chercheurs doivent faire attention à ne pas créer des attentes qui ne pourront pas être satisfaites. |
Analyse du réseau social |
Ensemble des méthodes pour découvrir et décrire les structures sociales et les modes d’interactions sociales fondés sur les techniques d’entretien individuel et l’observation participante. |
Peut identifier des groupes sociaux importants ; fournit des informations sur la valeur, la signification et les limites des relations de réseau ; décrit les caractéristiques des individus au sein d’un réseau ; décrit les contacts et les liens qui relient entre eux les individus ou les groupes. |
Certaines méthodes demandent que soient créées des relations à long terme entre les participants. D’autres méthodes sont longues et ennuyeuses. L’analyse des données est assez compliquée. |
Observations participantes |
N’est pas à proprement parler une technique de collecte de données, mais plutôt une approche qui permet aux chercheurs de devenir un membre actif de la culture étudiée. Comprend l’observation non structurée et l’entretien non structuré. |
Facilite toutes les autres activités de collecte de données car créé le contact et diminue la réactivité. Aide à formuler des questions pertinentes.
Permet de comprendre les processus, les événements et les relations dans leur contexte social. |
Peut prendre beaucoup de temps, demande aux chercheurs de très bien parler la langue locale et d’être un bon observateur et rapporteur. |
Observation non structurée |
L’observateur est « dehors », non participant. Ce qui est observé est défini en termes généraux. Vise à observer le comportement dans un contexte global. |
Permet de découvrir les aspects inconnus d’un problème. Permet la découverte de « nouveautés ».
Permet de comprendre des comportements dans leur contexte physique et social. |
Ne fournit pas de mesures précises du comportement et ne peut donc pas être utilisée pour suivre les changements du comportement. |
Observation structurée |
Le chercheur est en « dehors », non participant. Observe et fait le compte rendu de manière prédéterminée. |
Dégage des données précises et numériques se prêtant à l’analyse statistique et peut être répétée pour suivre le changement de comportement dans le temps. |
Le problème devant être étudié doit être bien défini. La formation des observateurs est intense et prend du temps. La structure prédéterminée des observations limite la découverte d’autres comportements pertinents. |
Modélisation des arbres de décisions ethnographiques |
Utilise les entretiens et l’observation participante pour obtenir les critères de décisions des gens. Ils sont ensuite combinés sous forme d’arbres de décisions ou d’algorithmes. Le modèle est testé auprès d’échantillons séparés de « décideurs ». |
La modélisation de l’arbre de décisions ethnographiques partage les avantages et limites des méthodes de collecte des données qualitatives dont elles s’inspirent. C’est un moyen systématique de comprendre comment les gens prennent leurs décisions ; permet de comprendre les comportements observés et de prédire les comportements. |
Le processus de modélisation peut être difficile si le chercheur n’a pas d’expérience préalable. Demande une connaissance des ordinateurs pour le test des modèles. |